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Maison Gustaaf

Qu'est-ce qui est en train de tuer l'exploration urbaine ? Plusieurs choix.

Je m'en explique.

Le premier point est tombé du ciel fort récemment. Par médiatisation, j'entends la presse, pas les sites d'urbex.
Plusieurs articles sur l'exploration urbaine sont parus dans la presse bas de gamme (donc, la plus lue) ces derniers mois. Outre le fait que les gratte-papiers ne semblent plus rien avoir à lécher chez Di Rupo, les journaleux ne se privent pas pour balancer des adresses avec quasi un horaire de visite, alors que l'un des principes de l'exploration urbaine est justement de garder secrète les localisations... Si l'on avait une presse qui réfléchit plus loin que le bout de son nez dans ce foutu pays, ça se saurait.
Par pitié, retournez à vos poubelles et foutez-nous la paix. Il y a pourtant de quoi gratter quelques lecteurs avec les coulisses de Miss Belgique/France/n'importe où.

Et que les explorateurs qui participent à cette médiatisation galopante aillent se cacher !
Oui, vous là, vous qui êtes en mal de reconnaissance, vous êtes en train de tuer l’urbex en gueulant sur tous les toits que vous explorez des lieux abandonnés. Réfléchissez si vous en êtes capable !

Les joies de l'urbex

Allô ! Allô ! Y a quelqu'un au bout du fil ? 'Faut réfléchir McFly ! 'Faut réfléchir !
© Les joies de l'urbex

Le deuxième point est engendré, en partie, par le premier.
Ainsi, depuis quelques temps, je m'étonne de croiser des ados pré-pubères, des familles et des retraités dans des lieux logiquement oubliés. Bref, des gens qui n'ont aucune conscience des dangers de l'urbex. Ainsi, lors de la visite de Forgotten Church, un touriste (appelons-le ainsi pour éviter les insultes) a failli nous faire tomber un étage sur la tête en poussant comme un bourrin sur la porte. Ce n'est qu'après avoir gueuler sur ce pauvre connard qu'il a compris que la porte retenait justement le plafond effondré...
Lorsqu'un accident grave se reproduira (et c'est garanti à ce rythme), que personne ne vienne vouer aux gémonies les explorateurs. Ce ne sont pas nous qui sommes responsables de l'état des lieux et encore moins des crétins qui s'aventurent n'importe où et n'importe comment.
Comme je l'ai précisé sur la page de garde de mes photos, l'exploration urbaine n'est pas une journée à Disneyland. C'est dangereux, on connait les risques et à force, nous savons reconnaitre un endroit relativement sûr de l'un qui ne l'est pas. Je ne pense pas que le gamin avec son iPhone ou le papy qui étrenne son nouveau joujou ont la même expérience que nous. Bien entendu, nous ne sommes pas des super-héros : quand cela semble trop risqué, nous faisons demi-tour. Et pour être honnête, des gamelles plus ou moins douloureuses, on s'en prend régulièrement.
En outre, plus il y aura de monde dans les spots, plus cela attirera l'attention des forces de l'ordre. Pour le moment, nous bénéficions d'un vide juridique en la matière. Qu'en adviendra-t-il quand la police passera son temps tous les dimanches en intervention dans les friches ? Devra-t-elle faire le pied de grue devant chaque bâtiment semblant abandonné ? Les policiers ont nettement mieux à faire que de s'occuper de nous (ce n'est pas de l'ironie, hein !). Une rangée de six ou sept voitures garées en pleine campagne devant une baraque abandonnée, forcément, ça attire les regards... Se garer loin et marcher un petit kilomètre est trop demander.
Un petit exemple ? Aujourd'hui, à la Maison Gustaaf (les photos sont après ma logorrhée, ne vous en faites pas). Quand on se retrouve à quinze personnes dans une maison de 60m² (quatre pièces au total), l'expression se marcher dessus prend tout son sens. Ces braves gens n'étaient pas des explorateurs : ça gueule, ça shoote en rafale (dans une pièce sombre, le résultat doit être un gros rectangle noir) et ça reste planté devant, bien en évidence.
Nous avions déjà à subir les invasions dominicales venues d'un certain pays se trouvant au nord de la Belgique (plusieurs groupes se déplacent en bus et ne connaissent pas la discrétion), nous aurons également maintenant des hordes d'explorateurs en herbe.
Et dire que la Maison Gustaaf est (ou était...) un spot encore relativement peu connu... Youpi.

Les joies de l'urbex

Le futur de l'urbex ? Non merci !
© Les joies de l'urbex

Enfin, le dernier point. Peut-être le plus révulsant puisque venant de l'intérieur.
Urbex-Finder est un site qui rassemble une communauté d'urbexeurs. Jusque là, rien à redire.
Par contre, ce site est totalement verrouillé. Pour s'y inscrire, les administrateurs font une petite enquête pour déterminer si vous êtes dignes ou non d'appartenir à leur cheptel... pardon... leur clan. Comme l'on dit, plus c'est secret, plus c'est malsain.
Qui sont ces administrateurs qui vous jugent ? Des explorateurs lambdas comme il en existe des centaines. Sauf que ceux-ci se sont auto-définis comme figure morale toute puissante de l'urbex. Je ne parlerai pas de secte mais je n'en pense pas moins.
Ensuite, une liste de spots est disponible (plus de 16.000, si j'en crois leur page d'accueil) contre un échange de points (avant peut-être de passer à l'argent). Tel spot vaut 5 points, tel autre 25. Il y a probablement une semaine de promotion avec deux spots pour le prix d'un et une saucisse gratuite... Inévitablement, un esprit de compétition va s'affirmer et un simple hobby va se transformer en champ de bataille. Déjà qu'avant, c'était à celui qui avait la plus longue (liste d'adresses)...
Dès qu'une adresse sera visible par la majorité des moutons... pardon, des membres, ceux-ci déferleront sur cette adresse comme un junkie en manque de drogue. A quinze ou vingt. Voir les conséquences avec le point précédent.
Sans parler du fait que les aficionados d'Urbex-Finder se sentiront pousser des ailes quand ils auront obtenus la dernière adresse à la mode... Rechercher une adresse soi-même ? C'est bon pour les pouilleux qui ont été refusés sur Urbex-Finder... Je n'ai pas été refusé sur ce site. Sitôt après avoir su de quoi il en retournait, je cogitais déjà au texte que vous êtes en train de lire (nous étions alors début janvier).

Je suis bien conscient que je ne vais pas me faire que des amis avec cette tirade. Et je m'en fous complètement !
Même si je n'ai repris l'urbex de manière active que depuis fin 2011, je parcourais déjà les châteaux, égouts et usines abandonnées il y a tout juste 20 ans (remember Ibanson !). Putain, que le temps passe vite...
Ce ne sont pas quelques petits cons qui se croient sortis de la cuisse de Jupiter et voulant imposer leurs règles qui me feront changer de méthode et de vision des choses. L'urbex reste pour moi un loisir, hors de question que cela devienne une compétition avec des attardés mentaux.
Pour citer les propos que m'a tenu l'un des responsables de ce site, « ca devient du grand n importe quoi et notre passion est a un tournant je pense,ca passe ou ca casse ». Fieu, avec des méthodes comme celles-là, inutile d'être grand clerc pour deviner la suite. Les règles de bases, que je respecte, sont les seules valables à mes yeux. Le reste n'est que de la pollution. Urbex-Finder est une pollution.
Discours d'un vieux refusant toute évolution ? Non, discours d'un pas-encore-vieux refusant les cons.

Ceci étant dit, place (enfin...) à la Maison Gustaaf... qui devra être revisitée si elle n'a pas été massacrée entre temps...
Vive la foire à la saucisse...

Maison Gustaaf

 

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9

février 2014

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